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vu, lu, entendu et visitu

Vendredi 17 mars 2006

Bonsoir à tous (oui, je dis bonsoir parce qu'il est le soir et que même si vous lisez cet article en pleine journée, j'en ai rien à faire, j'ai envie de dire bonsoir. Alors ici c'est chez moi, m'embêtez pas!).

Bon, ok, je me calme.

Je respire un bon coup.

Haaaaaaa, ça va mieux. (quoi que, ça n'allait pas mal avant)

 

Donc, je suis ici chers amis pour vous parler d'un film que je viens d'aller voir. Et il s'agit de.... suspens.... (en fait, le suspens ne sert à rien si vous avez eu la vivacité d'esprit de lire le titre de l'article)

 

 

 

Du jour au lendemain

 

Il me semble que c'est sorti la semaine dernière. En même temps, on s'en fout hein? Si je suis ici c'est plutôt pour vous dire que ce film est hilarant. Je vous pose le contexte ("mon" contexte devrais-je dire): je déteste Benoit Poolvoerde, je n'avais pas super envie d'aller au ciné, je voulais voir un truc intelligent (et pas une comédie donc), j'ai payé ma place 1euro de plus que d'habitude parce qu'on est vendredi, je n'aimais pas du tout l'affiche, je n'avais pas vu la bande annonce et..... ça ne m'a pas empêché d'apprécier pleinement le film. Je me suis marrée pendant deux heures. Pas des petits rires étouffés: des rires à gorge déployée!

Le scénario rapidement: c'est un gars banal mais alors super banal (boulot en costume derrière un bureau, vie familiale qui tangue, existence pas franchement folichonne) à qui il n'arrive que des m*****. On va dire "problèmes", ça passera mieux. Pas des trucs gravissimes, non, plutôt des petits tracas qui rongent la vie: la machine à café qui explose, les voisins qui font du bruit, le métro bondé, un temps de chien à chaque fois qu'il met le nez dehors, des clients chiants, un patron pas très agréables.... enfin bref, c'est pas la joie. Et puis un jour, on ne sait comment (enfin si, on sait: c'est le principe des vases communicants) tout se retourne brusquement dans sa vie. Les gens lui sourient, sa femme souhaite se rabibocher, il est promu..... pleins de choses qui logiquement font plaisir. Mais lui, cet homme à l'existence morne est trop gêné par tant de bonheur.

Je ne raconte pas la suite parce que bon, la suite, c'est déjà un peu la fin (genre à la fin il meurt !!!!!!!! mais non, je rigole.... oui, je sais, méga drôle). En tout cas, je vous conseille vivement d'aller le voir, ça détend et ça nous fait marrer un bon coup. Les gags sont plutôt subtils (bien que prévisibles), les personnages sont variés et l'histoire reste attachante sans tomber dans le cul-cul.

 

Alors vous savez ce qu'il vous reste à faire....

Par an-louiz
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Mercredi 26 avril 2006

Paris, les bons plans, encore et toujours: Camille me prévient d'un enregistrement de l'émission Pollen sur France Inter, cette fois ce sont les Wriggles + Zoé + Art Mengo + un autre type qui m'a tellement marquée que j'en ai oublié le nom! Concert gratuit, comme d'hab! Un coup de téléphone, un coup de RER et nous voilà assises à côté d'un dreadeux franchement pas mal mais qui sent le poney (bon, ok, ça c'est une histoire parallèle)à la maison de la musique à Nanterre.

(juste avant le début, je voulais préciser que nous sommes tellement futées que pour se donner rendez-vous, nous nous attendions d'un côté et de l'autre de la place de la Sorbonne, chacune avec de l'avance.)

ça commence par Art Mengo, 18 ans qu'il tourne, 6 albums.... respect pour un artiste discret et envoûtant mais que je n'apprécie pas des masses. C'est molasson avec des paroles presque niaises (l'amour, toujours l'amour), quelques airs de bossa nova et une voix qui charme certain(e)s mais qui a plutôt tendance à m'ennuyer. Vous savez, ses mélodies ont de faux airs d'Henri Salvadore, avec qui il a d'ailleurs travaillé ; à la limite, en musique de fond ça passe. En tout cas, ça a l'air de plaire à Camille, captivée par ce lent tempo séducteur et ces paroles ensoleillées mais aussi par l'artiste qui suit (je vais me faire tuer, elle a adoré et je ne me souviens même plus du nom!). Petite divergence de goût: elle trouve le chanteur canon, moi je préfère l'accordéoniste et ce n'est pas la première fois que nous sommes en désaccord à ce propos!

Pendant la pause nous tappons gentiment la causette au fameux dreadeux à côté de qui j'avais pris place.... genre pas intéressée la fille!

Finalement les concerts reprennent avec Zoé, une chanteuse belge dans la même veine que Jeanne Cherhal et Cali: à la fois simple et tourmentée. Une voix limpide accompagnée d'un violoncelle et d'une guitare sèche qui débite des textes pimpants, pleins de jolies et cruelles histoires. Parfois un peu hystérique, la chanteuse a su s'approprier un public qui à la base n'est pas le sien mais plutôt celui des Wriggles!!!!

 Peut-on parler de boysband?   Oui: ils sont cinq garçons (même carrément cinq hommes puisque Camille m'a fait remarqué qu'ils portaient tous une alliance), toujours vêtus de rouge (sauf ici mais on s'en fout puisque c'est un enregistrement radio) et lachant des propos noirs.

Mais non: ils ne sont pas seulement chanteurs ou musiciens. Ils jouent sur scène. Je pense en particulier à celui qui ressemble à un Oumpa-Loumpa de Charlie et la chocolaterie, une véritable boite de bruitages à lui tout seul, pleine de mimiques et de sons.... et puis le grand dadais à l'air timide, qui bougait uniquement ses mains, une voix cavernale.... et celui qui a répondu à l'interview avec sa gestuelle grotesque mais tellement hilarante....Vous l'aurez compris, j'ai adoré. Honte à moi puisque je ne les connaissais pas auparavant et que j'ai téléchargé quelques uns de leurs morceaux sur Emule (oui mais maintenant, je compte acheter leur CD!). Ils ont fait Poupine et Thierry, Pourquoi, les Papillons. Ils sont absurdes, satiriques, poétiques, cruels, parfois débiles, rarement sérieux mais toujours drôles.... une chouette découverte en somme!

 

Mais les émissions de radio ne sont pas éternelles. Après un rappel (même pas Julie la p'tite olive) les lumières se sont éteintes et la salle s'est vidée. Dans le hall j'ai pris un poster du gars dont j'ai oublié le nom, je l'ai laissé à Camille et nous sommes rentrées à la gare de RER accompagnées de Romain, le dreadeux sympatique qui sentait le poney.

 

Par Minitrip
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Jeudi 25 mai 2006

L'histoire est à la base toute bête: à Clochemerle, petit village du Beaujolais où le vin coule à flots et où le soleil tape dur, le maire décide de faire construire une pissotière selon une mesure "égalitaire et hygiénique" mais surtout avec une idée profondément républicaine derrière la tête. Jusque là, rien de compliqué. Toutefois l'affaire se corse puisque l'installation de cette fameuse pissotière se fait dans l'impasse des Moines comme pour narguer la Cure. Les dérivent commencent alors: une des Enfants de Marie tombe enceinte, une vieille fille (Justine Putet) se croit persécutée par tous ces messieurs qui viennent se soulager sous ses fenêtres, dans le bar en face la patronne devient jalouse de la quincaillière, Poilphard le pharmacien perd doucement la boule et la baronne prend à son compte les outrages faits au clergé. Heureusement, la buraliste est là pour récolter les informations par brides et les amplifier, de même Beausoleil le garde champêtre n'en perd pas une goutte et prend même la parole pour éclairer les faits .

Et puis un jour c'est la catastrophe: ayant bu un litre de Beaujolais de trop, les piliers de l'Auberge Torbayon débarquent dans l'église pour y semer la pagaille. Les pieuses femmes s'affolent, les pries-dieu valsent de tout côté, le curé est désemparé et là, la statue de Saint Roch -patron du village depuis des siècles- tombe et se fracasse. La guerre entre les républicains et les fidèles est lancée.

Le tout est raconté avec une légèreté et un humour sans pareil. Chaque personnage à droit à un minutieux portrait aussi burelesque que grivois, les péripéties s'enchaînent avec une logique implacable et dès sa parution, la chronique rabelaisienne a connu un énorme succès qui ne s'est jamais démenti et est devenu un classique de la littérature comique.

Par Minitrip
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Vendredi 2 juin 2006

Vous ne me croirez pas mais il y a deux semaines, j'ai été forcée d'aller passer deux jours dans la capitale belge (prononcer avec l'accent) contre mon grès pour un voyage scolaire.

Bon d'accord, c'est pas super crédible, j'y suis allée de bon coeur. Rendez-vous samedi matin Gare du Nord. 1h30 de Thalys depuis Paris et ça revient moins cher qu'un billet de train pour Bordeaux (j'espère par là en décider quelqu'uns à franchir les frontières).

Arrivée sous une pluie qui va rapidement se transformer en grêle. Course d'obstacle entre les flaques et les gouttes pour atteindre Tervuren et nous commençons ce court séjour par la visite de ce musée des arts premiers (faut pas dire "arts primitifs", c'est considéré comme péjoratif). Longue visite d'ailleurs après un déjeuner exotique au restaurant du musée. J'achète le catalogue, au moins trois kilos de papier glacé à (sup)porter mais il en vaut la peine: grandes illustrations, ouvrage de qualité et en plus, il va me faire travailler mon anglais vu que la version française n'est pas disponible. Le retour en ville est moins chaotique, la pluie s'est arrêtée et le tramway nous dépose à deux pas du métro.

Nous pouvons enfin envahir les chambres de l'auberge de jeunesse. Je partage la mienne avec ma p'tite Sarah, Lauren et Anne. A peine le temps de déposer les sacs et nous voilà reparties dans les rues de Bruxelles. Coup de bol, c'est la quizaine du jazz et la Grande Place est squattée par un orchestre qui joue du Ray Charles. Malgrè les parapluies qui s'entrechoquent ça bouge un peu, surtout trois espèces d'exitées un peu à l'écart de la foule (comment vouys avez pu deviner que je parle de nous ?!). Et puis la musique s'arrête, nous marchons dans un quartier sympa bien qu'un peu touristique et nous nous posons dans un resto pour déguster un apéritif à la violette et une incontournable assiette de moules-frites! Le ventre plein nous repartons en ville et tombons sur un concert de rock en pleine rue. Je m'aventure dans le bar avec Lauren pour acheter de quoi boire (2 euros le jus d'orange!!!), l'eurovision défile sur grand écran. France = zéro point. Nous ressortons en plaquant les verres dans nos vestes et l'heure passe, il est déjà tant de rentrer à l'auberge de jeunesse si nous ne voulons pas coucher dehors.

Le lendemain, découverte du Kwata au petit déjeuner: la pâte à tartiner belge, équivalent en goût et en texture de notre Nutella. Je repars ni vue ni connue avec trois doses spéciales petit déjeuner, accompagnée dans mon geste de cleptomane par Sarah et Lauren.

Le matin, de nouveau promenade en ville. Achat de produits typiquement belges et pas spécialement recommandés pour la ligne (dans mon cas c'est pas trop grave puisque je vais les offrir à Marthe): spéculos ou petits gateaux à la canelle accompagnant le café, gauffres et chocolat. La totale quoi. Petit détour par l'Atomium avant de revenir en ville pour visiter le bâtiment art nouveau qui abrite le Musée de la Bande Dessinée (et oui, ne pas omettre que Tintin et nombre de ses compatriotes sont belges: Gaston Lagaffe, le Marsupilami....). Passage devant la cathédrale et nos estomacs crient famine. La pause déjeuner se fait dans un snack agréable, juste à côté d'un marché dont nous allons faire le tour. Nos jambes ayant retrouvé toutes leur force nous mènent au Musée Royal que nous n'aurons pas le temps de visiter en entier. Je m'attarde sur les XVième et XVIième avant de faire un bond au XIXième alors que Sarah et Lauren courent directement au XXième. L'escapade culturelle achevée, il nous reste juste assez de temps pour se poser dans un parc avant de rejoindre le reste de la troupe et de repartir Gare du Midi pour sauter dans le Thalys.

Conclusion: week-end trop court mais facilement réalisable de nouveau maintenant que je sais à quel point Bruxelles est accessible!

Par Minitrip
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Lundi 5 juin 2006

Juste pour dire que j'ai un ami qui a ouvert un site sur la musique rock alors j'espère lui faire un peu de pub, n'hésitez pas à laisser un petit mot sur le forum, ça sera encourageant pour qu'il y ait une suite!

--------> http://membres.lycos.fr/lepetitcoindurockeur/ <---------

Par Minitrip
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Lundi 9 octobre 2006

Comme toute parisienne qui se respecte, je suis allée à la Nuit Blanche samedi soir. Pour ceux qui ne connaissent pas, le principe est très simple: pendant une nuit des artistes exposent leurs oeuvres, des concerts se font entendre un peu partout, on croise des installations à chaque coin de rue, les galeries d'art sont ouvertes.... oui, la Nuit Blanche est un évènement culturel (et non pas une soirée sur le yatch d'Eddy Barcley!).

Pour moi, ça avait plutôt bien commencé: soirée crêpes chez Camille, avant de migrer à la Guinguette-Pirate pour un super concert de ska. Au passage, avec nos têtes de gentilles petites filles, nous sommes passées comme des lettres à la poste sans se faire fouiller les sacs alors que des gars avant nous se sont vus refuser l'entrée car ils avaient une bouteille d'alcool avec eux. Concert très sympa, la "Salskia del Domigo" je crois,  en plus à l'intérieur Léo a rejoint sont copain et y'avait une super ambiance. La musique terminée, nous décidons de revenir dans le centre ville. La BNF est toute éclairée, enfumée, musicalisée, une atmosphère digne de Jurassik Park, jugez-en par vous même:

Et puis direction le métro. Bondé. Pire que la ligne 13 le matin à huit heures. Même pas besoin de se tenir: la masse est tellement compacte. Nous descendons à Saint Paul, il y a du monde, beaucoup de monde. Suivons-les, eux savent où ils vont. En effet, on s'en serait douté mais la rue des Francs-Bourgeois est la plus animée. C'est là que nous avons vu plein de trucs chelou. à commencer par une installation dans un hôtel particulier. En fait, les gens font la queue alors nous nous incrustons sans savoir exactement ce qui nous attend. Dans la file, trois bonnes femmes essaient de nous griller, je leur fais comprendre que je m'en fous qu'elles grattent la queue, du moment qu'elles restent derrière moi. Allez, on dégage mesdames. Et je rajoute que je vais me faire taxer de racisme anti-vieux, histoire de les faire psychoter sur leurs rides! Pourtant ça avance relativement vite. Un couple nous explique qu'il s'agit d'une image de Tahiti, projetée en direct sur grand écran avec bruit de ressac et sable autour. En effet, c'est de ceci qu'il s'agit. Sauf que le sable est froid et mouillé, l'image pas très vivante, le soleil reste virtuel et puis bon, faut bien le dire, c'est pas passionnant. Allez, nous allons un peu égaier la salle: Léo et moi quittons le chapiteau en faisant des gestes maladroits de vahinées. Quelques rires. C'est déjà ça de gagner, sortie réussie!

   Après ça, on se paume un peu et retour dans cette même rue. Une deuxième instalation met Léo mal à l'aise alors que je débite des bêtises qui font rire Camille: 7 x 5 paires de chaussures sont alignées avec des bougies qui se consument à l'intérieur.En effet, ça évoque à Léo les camps de concentrations alors que moi j'explique tout simplement que si une bougie se casse la gueule, ça va mettre le feu et ça peut devenir très rigolo. De temps en temps un petit monsieur vient rallumer les bougies qui se sont arrêtées (quand j'y pense, c'est le genre d'oeuvre impossible à réaliser par temps venteux), j'en profite pour faire de la photo d'art (sous entendu "qui ne ressemble à rien") avec Mélanie, la nouvelle coloc de Camille:

   

Et puis nous continuons notre virée artistique avec un truc vraiment glauque: "les poupées". Toujours dans la cour d'un hotel particulier, une jeune femme habillée comme une môme de 4 ans un jour de mariage (dentelle, collants roses et tout le tsintsouin) remonte des poupées mécaniques qui tournent sur elles même en faisant un petit bruit de boite à musique. Genre "tidididididididididididiiiiii", genre les mélodies qui rendent malade, genre les jouets vont tous nous attaquer, genre le meurtier est derrière la porte avec son couteau et il a pas l'air content. C'est marrant mais l'artiste doit vraiment être un peu pétée (comment ça "beaucoup"?!).

 Bon, ne  restons pas trop longtemps, on ne sait jamais et il y a plein d'autres choses magnifiques à voir comme ces.... euh.... rubans accrochés à un bâtiment ou ces pains de glace qui fondent dans un garage. (Je suis désolée: je suis étudiante en histoire de l'art mais j'ai vraiment du mal avec l'art moderne. Je ne repproche pas aux artistes leurs créations mais le discours qui va avec. Qu'ils pondent une oeuvre merdique, ok pas de problème mais qu'ils n'en profitent pas pour blablater qu'ils ont ressenti une énergie transcendante ou qu'ils essaient de nous transmettre des fluxs -je t'envoie des bonnes vibrations, tu les sens?- Pour faire vite, on va dire que j'accepte uniquement le côté esthétique des oeuvres d'art contemporaines, elles ne sont pas décadense ou abandon des valeurs artistiques mais elles sont jolies. Un point c'est tout). Comme cette espèce de méduse, suspendue dans la cour d'un ancien couvent (très belle au passage), le petit cartel explique que l'artiste s'engage aux côtés de la lutte contre le sida. à partir de là, chacun y voit ce qu'il veut: une copine parle de la forme du virus, j'imagine plutôt un vagin sanglant ouvert et étalé. L'éclairage est sincèrement agréable, il crée une ambiance foetale relativement apaisante. Pourtant, dehors, la rue hurle sa vivacité. Il est déjà trois heures mais les passants continuent de se bousculer. Je commence à saturer, on se pose dans un bar, bonne idée. Enfin pas tant que ça: pas de chocolat chaud pour nous réchauffer et le seul chauffage à gaz de la terrasse proche de nous est en panne.

Jean nous rejoint avec un copain. Il a vu des artistes de rue et une projection de courts métrages sur grand écran. On discute un peu, il fait froid, Camille, Jennifer et Mélanie ont râté le train de 3h30, on attend un peu et puis finalement retour au bercail. Léo rentre à pied vers Oberkampf, Julien, Jean et moi accompagnons les filles à Saint Lazare pour choper un bus qui me laissera à Montparnasse. Je trouve un chapeau au sol, il est joli, je le garde. Mais le reste du trajet retour n'est pas aussi joyeux: un mec bien bien bien bourré emmerde tout le monde dans le bus, essayant de faire des bisous sur les mains des filles (le seul moment marrant mais méchant c'est quand il a scotché sur une anglaise franchement moche et a écarquillé les yeux comme s'il s'agissait d'une bête curieuse). Finalement, il se fait jeter. J'hallucine, personne n'a bougé dans le bus avant un bon moment alors qu'il était monté avec une clope et qu'il bousculait tout le monde, la plupart des filles ont dû se démerder toutes seules, moi y compris (un coup de coude dans le dos, c'est pas mal du tout quand il s'est écrasé sur moi pour la seconde fois!). Par chance l'arrivée n'est pas très loin, j'abandonne Julien et Jean à Montparnasse et je rentre chez moi.... m'écraser sur le lit.

Par Minitrip
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Lundi 16 octobre 2006

 Evènement

"RUE"

au Grand Palais

du 13 au 15 octobre

Toujours au lieu de bosser, je suis allée faire un tour au Grand Palais vendredi soir et dimanche après-midi. Les pubs dans le métro avaient un pouvoir franchement attractif et les médias encensaient l'évènement... comment ne pas y poser les pieds? Pour les ermites parisiens (et les pauvres provinciaux coupés de tout monde culturel) qui n'en auraient pas eu vent, le concept est simple: il s'agissait de rassembler en ce lieu prestigieux et bourgeois, des activités artistiques non pas cantonnées dans les galeries de Saint Germain mais plutôt émanant de la jungle urbaine, jahissant du macadam. D'où le nom de "Rue". La rue se transpose donc sous cette magnifique verrière. La "rue". C'est un bien grand mot pour deux rampes de street, quelques panneaux à taguer et une arène plastifiée sensée accueillir ceux ont l'habitude de se battre à même le sol. Enfin bon, l'idée n'est pas mauvaise, je lui consède un avantage non négligeable, celui du choc des cultures.

Oui, parce que quand même, les grands mecs en survêt du 9-3 n'auraient jamais mis les pieds ici si on ne les avait pas invités. De même, ces gosses blondinets du XVI° ont peu l'occasion de se frotter à la populasse des cités. Et ces p'tits vieux, pour qui le tag se résume à quelques graffitis dans le métro et le hip-hop à une musique de barbare.... pareil, il faut leur mettre ça dans un endroit accessible pour leur prouver que non, les racaillous ne sont pas tous des voleurs de sac à main, ils savent aussi faire de jolies choses. Même dans le cercle des invités de l'évènement, les cultures étaient différentes: les skaters ne sont en général pas fans de rap, les street dancers évitent de s'approcher des rampes.

Une salade géante. Les organisateurs ont un peu tout mélangé. Comme si vous mettiez du thon, du fromage, du jambon, de la moutarde et que finalement, c'est pas si dégeu. C'est même carrément mangeable. Tiens, on va se resservir. Voilà, c'était ça pendant trois jours: des opposition, des alternatives, des découvertes.

Je suis arrivée vendredi avec Marion, Jean nous a rejoint un peu plus tard. La première soirée n'était pas la meilleure. J'avais râté les sessions skate et roller, la musique s'est vite dégradée (j'ai eu beau faire l'apologie du hip-hop quelques lignes plus haut, euh franchement.... j'aime pas vraiment!), le Grand Palais était livré aux artistes volontaires, ceux qui viennent voir et qui se retrouvent au milieu de l'arène pour faire une démo de danse ou rentrer quelques figures sur une planche à roulettes. Ceux qui n'ont pas peur qu'on les regarde. Ceux qui n'ont pas peur de se casser la figure. Ceux qui passent leur vie à tomber mais qui la passent aussi à se relever. Ceux qui, heureusement étaient bien présents. Parce que sans eux, organisation zéro, y'avait presque plus rien à voir à partir de 20 heures et le fameux DJ nous balançait dans les oreilles un mix pas très très agréable. Du coup je suis vite partie, me disant que je repasserai un après-midi, c'est plus animé.

En effet, le dimanche je me pointe vers 13heures. J'avais rendez-vous avec Jean une demie-heure plus tôt qui m'appelle à l'instant pour me dire que "bah en fait euh je viens de me réveiller". Il fait chier. Tant pis, je commence à faire la queue sans lui. C'est relativement rapide: en trente minutes j'atteind l'entrée, on me sucre ma bouteille d'eau au contrôle des sacs (alors que vendredi, la même bouteille est passée comme une lettre à la poste) et je me cale devant la rampe alors qu'il n'y a presque personne. Je resterai des heures à regarder ces petits bonhommes sur roulettes qui prennent leur élan et s'envolent une demie-seconde en agitant les bras pour rentrer une figure quelconque. Les gens s'approchent. Jean débarque de nulle part, il a grillé tout le monde dans la queue, croyant que je poireautais juste avant l'entrée. ça lui plait bien à lui aussi mais bon, un quart d'heure ça va. En plus il ya du bruit un peu plus loin. Du bruit comme des cris et des applaudissements. Comme de gentilles bêtes curieuses, nous partons voir ce qu'il se passe du côté de l'arène. Encore un quart d'heure de queue et puis nous voilà calés devant le quart de finale break, animé par un mec franchement répugnant (genre j'ai 35 mais je suis habillé comme un djeun's (regarde mon fut' déchiré! il pète grave sa mère), je veux avoir l'air bronzé alors je fais des UV qui me donnent une peau orange et je parle dans le mouv' comme une présentatrice de météo de chaîne cablée). Rho et puis de toute manière, on s'en fout du Monsieur Loyal avec sa sale gueule qui colle pas au cadre sauvage de la danse. Les participants s'affrontent, se provoquent, le groupe des filles a droit à plus d'applaudissements (et de cris de mâles en rut) mais celui des garçons gère mieux les mouvements et l'espace. D'ailleurs ils gagnent la dernière battle sur une musique qui nous rappelle celle des YMCA. Avec Jean je me marre: certains touristes envahissent la piste avec plus ou moins de réussite dans leur démo, les plus stylés ne sont pas les meilleurs en acrobaties, certains (enfin surtout un) sont persuadés d'assurer alors que bon, hein, faudrait leur (lui) dire que c'est un peu de la merde. Et puis la musque s'arrête, place à la capoeira, ça nous branche pas trop alors nous retournons sur le parquet en face de la scène, y'a du double dutch, du hip-hop, des arts martiaux. La musique de la grande scène est franchement sympatique. De la soul aux accents de ska. Certains morceaux qui bougent bien, d'autres plus envoûtants. Allonymous qu'ils s'appellent. C'est dommage, ils ont personne pour les soutenir. Bon, on se dévoue pour se mettre devant et faire les cons. Sauter à pieds joints en répétant les paroles (Zabadaaaa, zabadaaaaaa, zabadaaaaaaaa, zabadabada). Pas très discrets, le batteur nous sourit, je crois qu'on a légèrement été repéré. à la fin du concert, je fais le tour des tags pour les prendre en photos et je rejoins Léo qui a amené son frangin et attend patiement son homme.

Blabla de filles. On se moque pas mal de la battle vocale aussi pitoyable que risible de "Become the King", le principe étant le balancer des vannes à son adversaire genre... j'tai cassé là! Un peu plus loin je recontre César, le frère de ma poulette qui se débrouille plutôt bien en hip-hop (lui il aurait dû aller faire le kéké au milieu de l'arène, on ne lui aurait pas jeté de tomates) et finalement Ben arrive. On tourne un peu en rond, on se cale devant la rampe des sauts et puis bon, faudrait quand même que j'y aille: j'ai faim, je dois bosser et un baby-sitting m'attend. Léo n'est pas emballée par l'évènement. Moins que moi en tout cas qui ai réussi à y trouver mon compte même si, il faut le dire, c'était un peu décevant. à modifier: moins de vide, plus de vie. Par exemple, les rampes et l'arène n'avaient en fond musical que les échos de la gande scène. Quelques baffes et des mélodies plus rock auraient été adaptées aux démo de skate, roller et BMX. Revoyez aussi l'organisation: le planning a été très peu respecté, comment savoir quel est le groupe qui passe sur scène ou ce qu'il va se dérouler sur le parquet... beaucoup de choses à revoir mais certains en garderont un TRES bon souvenir... n'est ce pas Jean?

Par Minitrip
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Jeudi 2 novembre 2006

Oui, je sais, je ne suis pas en avance. Mais contrairement à beaucoup d'entre vous, je ne suis pas en vacances non plus. Je suis dans une école sérieuse môa! Pas une école qui débute ses cours le 15 octobre ni qui s'offre gracieusement dix jours de repos à la Toussaint. Enfin une école dont le horaires permettent quand même de sortir en semaine, avantage non négligeable! Sauf que bien sûr, le lendemain du concert dont je vais vous parler, j'avais cours le matin. Un truc comme "Histoire des Collections" (super chiant) et "Art du Moyen-Age" (moyen chiant). Des cours faits pour pioncer et rattraper quelques heures de sommeil perdues la nuit précédente.

Donc, en ce lundi soir d'il y a deux semaines, je suis allée au Zénith de Paris -grande première pour moi- voir un concert organisé par le collectif "aux urnes etc" avec Mouss et Hakim, Marcel et son Orchestre, Laurent Kebous, les Ogres de Barback, les Hurlements de Léo et la Phaze. Pas toute seule évidement: Camille, Léo, Benoit, Denj, Marion et Jean sont de la partie.

Première étape: le lieu de rendez-vous. Jean qui voulait être là avec trois quart d'heure d'avance a finalement du retard. Denj est à Pantin et non à porte de Pantin. C'est pas bien grave, on finit par se retrouver et on grille les trois quart des gens en repérant une queue pour la fouille complètement à droite où il n'y a personne. Appareil photo dans la godasse, je boite un peu mais le vigile est trop occupé à nous faire des blagues vasouillardes pour s'en apercevoir, Léo se fait sucrer son bouchon de bouteille (là, on a été mauvais, on le sait quand même qu'il faut planquer les bouchons dans les soutifs!) et hop, nous voici dans l'enceinte du Zénith, lachés comme des électrons libres alors que la musique n'a pas démarré.

Pour l'instant ça va, les gens sont assis jusqu'à ce que les basses lâchent les premières notes de Mouss et Hakim. Pour ceux qui ne connaissent pas, ce sont des anciens membres de Zebda. L'air est sympa, ejoué mais on ne comprend rien aux paroles. En plus je n'y vois rien. J'ai l'impression que les grands mecs de 1,8m font exprès de se caler devant moi. Camille est d'accord alors pour profiter d'un minimum d'espace vital, nous jouons des coudes au sens propre. Tant pis pour ces grands gars qui s'en prennent plein les hanches. Z'ont qu'à pas s'approcher! La prestation de Mouss et Hakim n'est pas très longue ce qui n'est pas le cas pour la pause qui s'ensuit avant Marcel. Changement d'instruments, balances à refaire.... trois bons quarts d'heure durant lesquels Jean et moi cherchons avidement le stand de l'assos Couac pour finalement nous retrouver déguisés de la tête aux pieds et expliquer ce que nous ferions si nous étions président (d'ailleurs, passez faire un tour sur leur site couac.info, y'a la vidéo de ça!). C'est du joli: "D'abord, moâ, je ne serai pas présidente mais dictatrice et je ferai une loi qui forcerait à rendre les gens heureux". Jean n'a pas d'idée, c'est moi qui parle.

Ensuite, retour dans la foule. Au passage, une fille se gerbe dessus à côté des toilettes (notons qu'il n'est pas 20 heures et qu'elle vient de bousiller sa soirée et sa réputation). Et puis c'est au tour de Marcel et son Orchestre d'envahir la scène. Comme l'a découvert Marion à la première chanson "C'est un pour bourrin ça non?"... rien qu'un peu, la pauvre, si elle savait!Leur concert reste un peu décevant: c'est la première fois que je les vois, je suis à fond mais ils ne font pas leurs chansons les plus connues. Oui, y'a bien "René est con comme un balais" et "Méfie-te des 62" mais pas de "C'est mon style loving you" ou de "Meuh Meuh". En plus, ça ne dure pas longtemps, sans rappel.... vite baclé.

Rebelote pour les balances et les tests de son et enfin, le gros de la soirée démarre. On commence gentiment par Laurent Kebous, le chanteur des Hurlements de Léo qui se fait un petit solo piano-guitare, atmosphère intimiste et paroles douceureuses. Ca ressemble à du Romain Humeau. Normal, il a bossé avec. Moi, les chansons à texte dans ce cadre, je trouve ça limite bof-bof. Chuis pas une bourrine mais là, ça me lourde. Heureusement, il n'en fait que deux et les Ogres de Barback viennent enflammer la scène. Sarah est à fond, moi un peu moins, Benoit a mal au dos et Jean a disparu au premier rang (y'a que ça qui l'intéresse: être scrtché contre la barrière). Des connues, des pas connues, des airs vivants et d'autres calmes. Cinq ou six chansons, pas plus mais relativement représentatives de leur style. C'est assez rapide et tout de suite, les Hurlements les rejoignent. Pour votre info, c'est maintenant rarissime que les Ogres et les Hurlements recréent Un Air Deux Familles. Même pour les 10 ans des Ogres de Barbarck, les Hurlements étaient invités mais l'association des deux groupes n'avait pas eu lieu. Et là, on exulte. On se lâche. Ses airs qu'on ne connait que sur CD prennent enfin vie. On saute à pieds joints sans s'arrêter. On transpire mais on s'en fout. Y'a de la bonne musique, c'est tout ce qui importe.

 

Toute bonne chose a une fin. Les Hurlements passent maintenant tous seuls. Avis ton à fait perso: je n'aime pas du tout leur dernier album. Trop sombre, trop rock, pas assez "roots" à mon goût. Où a disparu ce genre "tagada tsoin tsoin" que j'affectionais tant? Toujours est-il que les filles aiment bien. J'en profite pour reprendre mon souffle, chacun y trouve son compte.

Après eux, ça sera la Phaze. Benoit, Léo, Camille, Marion et Sarah nous abandonnent lâchement. Je n'insiste pas pour qu'ils restent, je sais que le "pungle" (mélange de punk et de jungle" ne va pas leur plaire. Avec Jean et Denj, nous nous casons tout devant. Choix à la fois bon et mauvais. Pesons le pour et le contre: un peu d'air venant des coulisses nous rafraichit mais les pogoteurs en force passent leur temps à s'écraser dans -sur- notre dos (enfin moi ça va, ils ont bien vu que je suis naine alors ils font attention. de toute manière, je ne lacherai pour rien au monde la barrière), je suis bien placée pour prendre des photos mais pas si bien pour danser. Le vigile me piste comme si j'allais tomber dans les pommes à force d'être bousculée. Je dois pas être jolie à voir mais ses inquiétudes sont vaines. Ils font celles que je commence à connaître. C'est le genre d'artistes qu'il faut écouter dans un état d'esprit particulier, pas vraiment tranquillement dans son salon en sirotant un menthe à l'eau si vous voyez ce que je veux dire. Je regarde l'heure, il va pas faloir tarder. Déja minuit et demi et j'ai un changement à faire en métro. Tant pis pour la dernière chanson, j'attrape les garçons par le bras et nous courons vers la station. Je cours encore pour choper la 4. à deux minutes près, j'étais bonne pour rentrer en noctambus: à chaque station, on entend les hauts parleurs "le service est désormais interrompu sur la ligne 4 jusqu'à cinq heures du matin, veuillez évacuer les quais". J'arrive chez moi, il est une heure passée. Je viens de passer une bonne soirée de plus mais peut-être pas aussi exaltante que je l'avais prévu.

Léo sur le dos de mon frangin (quelle bonne poire celui-là!) et la Phaze:  

Par Minitrip
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Jeudi 9 novembre 2006

Je crois que je n'ai jamais lu un bouquin d'aussi pourri. Même les articles du 20 minutes sont mieux écrits. Léo m'avait prévenue "tiens, j'te passe ce livre, si tu veux tu peux le brûler". NE JAMAIS BRULER UN LIVRE!!!!!!! Quoi que.... avec celui-là, c'est trop tentant.

L'histoire pourrait être super-méga intéressante. Il s'agit d'une -énième- biographie de Lou Andreas-Salomé, cette femme qui inspira Nietzsche et qui intégra le cercle fermé de la psychanalise mené par Freud. Une femme philosophe qui s'éveille à la fin du XIXième siècle et s'épanouit le long du XXième. Une femme qui vit, ressent, voyage, écrit, aime. Une femme qui pourrait être source d'autre chose que cette merde (passez-moi le terme) de biographie faite par Françoise Giraud.

Encore, "biographie" est un mot trop généreux. C'est un catalogue que vous avez entre les mains. Alors d'abord elle nait, et puis elle rencontre Machin et puis elle va à tel endroit, là elle fait telles choses et puis elle se marie et puis elle rencontre Bidule et puis elle écrit tel essai et puis elle part dans telle région etc etc.... c'est comme ça dans tout le bouquin. Les évenements se succèdent de manière purement chronologique sans analyse ni réflexion. Certains restent mêmes inexpliqués ou passés à la trappe.... manque de documentation? Ce ne sont pas les quelques photos et reproductions de lettres qui embelliront la fade lecture. On sent que derrière le livre, il n'y a pas de travail, pas de profondeur. Je n'ai rien contre Françoise Giraud mais en tant que fondatrice de l'Express (oui oui, c'est elle) elle aurait pu éviter de plagier le style de son plus mauvais journaliste.

Alors, je le perds par inadvertance ou je le brûle?

 

Par Minitrip
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Samedi 18 novembre 2006

Ma môman venant faire la touriste provinciale pour quelques jours à la capitale m'a amenée hier soir au théâtre. Coup de fil vers midi à la Comédie Caumartin, oui il reste 3 places pas trop mal situées pour la représentation à 20h de "j'aime beaucoup ce que vous faites".

La comédie en elle-même est très légère: l'histoire de deux couples de soit-disant meilleurs amis qui doivent se retrouver un week-end à la campagne pour refaire le monde. Sauf que.... pendant le trajet en voiture, le portable non vérouillé de Pierre appelle chez Carole et Charles. Ces derniers entendent toute la conversation qu'il a avec sa femme. De véritables langues de vipères. Ils crachent sur tout: la situation de leurs amis, leur physique, leur relation, leur caractère, le trou paumé où ils habitent. Bref, en quelques mots on comprend aisément que leurs meilleurs amis les détestent. Carole et Charles vont donc faire mariner le couple dès qu'il arrive à domicile (c'est une grange votre maison?!) et les tester pour voir quel niveau d'hypocrisie ils peuvent atteindre.

Cette pièce est donc savoureuse. Elle opposent des caricatures de bobos d'un côté et de snobinards de l'autre qui ne peuvent pas se sentir. On rit dès le début et on ne s'arrête qu'à la tombée du rideau sur une fin plutôt ouverte et décalée. Pendant plus d'une heure les attitudes typiques de chaque personnage sont dévoilées au grand jour: la blonde cruche pousse des petits cris stridents et ne sait pas articuler trois mots correctement, la petite brunette renforce son côté paysanne avec un tablier mais reste incapable de faire griller des toast sans faire crâmer le grille-pain, l'écrivain râté manque objectivement de bonnes idées et le producteur en publicité picole trop et révèle qu'il a des maîtresses. Un seul gros défaut à la pièce: sa durée. En effet, une heure et quart, c'est un peu juste pour savourer dans son ensemble ce portrait social mais bon, les éclats de rire compensent largement le temps de la comédie!

Par Minitrip
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ho, ça change!

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