Oui, je sais, je ne suis pas en avance. Mais contrairement à beaucoup d'entre vous, je ne suis pas en vacances non plus. Je suis dans une école sérieuse môa! Pas une école qui débute ses cours le 15 octobre ni qui s'offre gracieusement dix jours de repos à la Toussaint. Enfin une école dont le horaires permettent quand même de sortir en semaine, avantage non négligeable! Sauf que bien sûr, le lendemain du concert dont je vais vous parler, j'avais cours le matin. Un truc comme "Histoire des Collections" (super chiant) et "Art du Moyen-Age" (moyen chiant). Des cours faits pour pioncer et rattraper quelques heures de sommeil perdues la nuit précédente.
Donc, en ce lundi soir d'il y a deux semaines, je suis allée au Zénith de Paris -grande première pour moi- voir un concert organisé par le collectif "aux urnes etc" avec Mouss et Hakim, Marcel et son Orchestre, Laurent Kebous, les Ogres de Barback, les Hurlements de Léo et la Phaze. Pas toute seule évidement: Camille, Léo, Benoit, Denj, Marion et Jean sont de la partie.
Première étape: le lieu de rendez-vous. Jean qui voulait être là avec trois quart d'heure d'avance a finalement du retard. Denj est à Pantin et non à porte de Pantin. C'est pas bien grave, on finit par se retrouver et on grille les trois quart des gens en repérant une queue pour la fouille complètement à droite où il n'y a personne. Appareil photo dans la godasse, je boite un peu mais le vigile est trop occupé à nous faire des blagues vasouillardes pour s'en apercevoir, Léo se fait sucrer son bouchon de bouteille (là, on a été mauvais, on le sait quand même qu'il faut planquer les bouchons dans les soutifs!) et hop, nous voici dans l'enceinte du Zénith, lachés comme des électrons libres alors que la musique n'a pas démarré.
Pour l'instant ça va, les gens sont assis jusqu'à ce que les basses lâchent les premières notes de Mouss et Hakim. Pour ceux qui ne connaissent pas, ce sont des anciens membres de Zebda. L'air est sympa, ejoué mais on ne comprend rien aux paroles. En plus je n'y vois rien. J'ai l'impression que les grands mecs de 1,8m font exprès de se caler devant moi. Camille est d'accord alors pour profiter d'un minimum d'espace vital, nous jouons des coudes au sens propre. Tant pis pour ces grands gars qui s'en prennent plein les hanches. Z'ont qu'à pas s'approcher! La prestation de Mouss et Hakim n'est pas très longue ce qui n'est pas le cas pour la pause qui s'ensuit avant Marcel. Changement d'instruments, balances à refaire.... trois bons quarts d'heure durant lesquels Jean et moi cherchons avidement le stand de l'assos Couac pour finalement nous retrouver déguisés de la tête aux pieds et expliquer ce que nous ferions si nous étions président (d'ailleurs, passez faire un tour sur leur site couac.info, y'a la vidéo de ça!). C'est du joli: "D'abord, moâ, je ne serai pas présidente mais dictatrice et je ferai une loi qui forcerait à rendre les gens heureux". Jean n'a pas d'idée, c'est moi qui parle.
Ensuite, retour dans la foule. Au passage, une fille se gerbe dessus à côté des toilettes (notons qu'il n'est pas 20 heures et qu'elle vient de bousiller sa soirée et sa réputation). Et puis c'est au tour de Marcel et son Orchestre d'envahir la scène. Comme l'a découvert Marion à la première chanson "C'est un pour bourrin ça non?"... rien qu'un peu, la pauvre, si elle savait!Leur concert reste un peu décevant: c'est la première fois que je les vois, je suis à fond mais ils ne font pas leurs chansons les plus connues. Oui, y'a bien "René est con comme un balais" et "Méfie-te des 62" mais pas de "C'est mon style loving you" ou de "Meuh Meuh". En plus, ça ne dure pas longtemps, sans rappel.... vite baclé.
Rebelote pour les balances et les tests de son et enfin, le gros de la soirée démarre. On commence gentiment par Laurent Kebous, le chanteur des Hurlements de Léo qui se fait un petit solo piano-guitare, atmosphère intimiste et paroles douceureuses. Ca ressemble à du Romain Humeau. Normal, il a bossé avec. Moi, les chansons à texte dans ce cadre, je trouve ça limite bof-bof. Chuis pas une bourrine mais là, ça me lourde. Heureusement, il n'en fait que deux et les Ogres de Barback viennent enflammer la scène. Sarah est à fond, moi un peu moins, Benoit a mal au dos et Jean a disparu au premier rang (y'a que ça qui l'intéresse: être scrtché contre la barrière). Des connues, des pas connues, des airs vivants et d'autres calmes. Cinq ou six chansons, pas plus mais relativement représentatives de leur style. C'est assez rapide et tout de suite, les Hurlements les rejoignent. Pour votre info, c'est maintenant rarissime que les Ogres et les Hurlements recréent Un Air Deux Familles. Même pour les 10 ans des Ogres de Barbarck, les Hurlements étaient invités mais l'association des deux groupes n'avait pas eu lieu. Et là, on exulte. On se lâche. Ses airs qu'on ne connait que sur CD prennent enfin vie. On saute à pieds joints sans s'arrêter. On transpire mais on s'en fout. Y'a de la bonne musique, c'est tout ce qui importe.
Toute bonne chose a une fin. Les Hurlements passent maintenant tous seuls. Avis ton à fait perso: je n'aime pas du tout leur dernier album. Trop sombre, trop rock, pas assez "roots" à mon goût. Où a disparu ce genre "tagada tsoin tsoin" que j'affectionais tant? Toujours est-il que les filles aiment bien. J'en profite pour reprendre mon souffle, chacun y trouve son compte.
Après eux, ça sera la Phaze. Benoit, Léo, Camille, Marion et Sarah nous abandonnent lâchement. Je n'insiste pas pour qu'ils restent, je sais que le "pungle" (mélange de punk et de jungle" ne va pas leur plaire. Avec Jean et Denj, nous nous casons tout devant. Choix à la fois bon et mauvais. Pesons le pour et le contre: un peu d'air venant des coulisses nous rafraichit mais les pogoteurs en force passent leur temps à s'écraser dans -sur- notre dos (enfin moi ça va, ils ont bien vu que je suis naine alors ils font attention. de toute manière, je ne lacherai pour rien au monde la barrière), je suis bien placée pour prendre des photos mais pas si bien pour danser. Le vigile me piste comme si j'allais tomber dans les pommes à force d'être bousculée. Je dois pas être jolie à voir mais ses inquiétudes sont vaines. Ils font celles que je commence à connaître. C'est le genre d'artistes qu'il faut écouter dans un état d'esprit particulier, pas vraiment tranquillement dans son salon en sirotant un menthe à l'eau si vous voyez ce que je veux dire. Je regarde l'heure, il va pas faloir tarder. Déja minuit et demi et j'ai un changement à faire en métro. Tant pis pour la dernière chanson, j'attrape les garçons par le bras et nous courons vers la station. Je cours encore pour choper la 4. à deux minutes près, j'étais bonne pour rentrer en noctambus: à chaque station, on entend les hauts parleurs "le service est désormais interrompu sur la ligne 4 jusqu'à cinq heures du matin, veuillez évacuer les quais". J'arrive chez moi, il est une heure passée. Je viens de passer une bonne soirée de plus mais peut-être pas aussi exaltante que je l'avais prévu.
Léo sur le dos de mon frangin (quelle bonne poire celui-là!) et la Phaze:
vos bla-blas