Réveil vers onze heures et demi grâce à Thomas qui a la bonne idée de mettre la musique à fond dans sa voiture et de la diriger vers le gymnase.
J'émerge gentiment.
Ouverture de l'oeil droit.
Ouverture de l'oeil gauche.
Tiens, Dorian me fait remarquer que j'ai dormi par terre, à côté du matelas (tu m'étonnes que j'ai mal au dos!). Après je ne sais plus trop ce que nous avons fait. En vrac ça donne une assiette de spaghettis à la sauce tomate, Mica qui n'arrête pas de gueuler, une partie de volley en plein soleil, un petit splif (tout petitpetit), je me recouche, pionçage d'une demie-heure, sandwich saucisson/crevettes/moutarde à préparer et premier chargement de bétail à amener au festoche. Là-bas je croise des têtes connues et je repars chercher le deuxième chargement. Fidèle au parking du Mutant, encore et toujours, on marche un peu mais au moins, je n'ai pas besoin de manoeuvrer.
Sur place, petite déception: nous sommes obligés d'enlever les bracelets rouges ou verts qui ont servi de pass pendant trois jours. J'insiste un peu mais non, ce n'est vraiment pas possible de les garder, ils vont les recompter pour les déclarer au fisc. (bizarre comme excuse).
Et que la musique commence!
Un peu dèg' d'avoir loupé les Hushpuppies, je me pose devant Yvan Marc. De la chanson française avec une pointe d'humour. Un peu trop léger à mon goût mais je passe la plupart du concert à discuter avec Audrey que j'ai aperçue dans la foule (en même temps, un béret rose....). à la fin de cette scène, nous avons déjà paumé la moitié du groupe. Pas grave, on se retrouve devant le stand de la Croix Rouge (le fameux point de rendez-vous!) puis direction Art Brut. Ceux qui ont préféré regarder The Young Gods nous rejoingnent. Sur place, nous croisons Simon et Jé qui planent déjà. Leur concert est pas mal en dehors du fait que le chanteur a vraiment une sale dégaine. Un rock énergique avec quelques ressauts seventies et un guitariste franchement apétissant (même s'il a l'air d'avoir 14 ans). Nous partons quand même avant la fin pour grignoter un peu et être relativement bien placés pour les Wampas.
Oui, parce qu'il faut quand même que je vous raconte les Wampas. Enfin, MON concert des Wampas. Le début était pépère. Sophie, Anne-Cha, Thomas et moi nous calons dans un coin tranquille, sacs à dos obligent! Et puis bon, vous savez bien que la bougeotte qui sommeille en nous peut se réveiller à tout moment, surtout si quelques accords sortent d'une guitare. Sophie me décide, j'abandonne lachement Anne-Cha et son sac à dos et nous nous lançons frénétiquement dans les pogos, au milieu des fous-furieux. Je la perd de vue tout de suite et je me fait littéralement écrasée contre le blouson clouté d'un keupon (bobo!!!!). Et puis tout se passe très vite. Le chanteur fait monter des minettes sur scène. Je suis presque au premier rang et derrière les gens poussent comme des malades. Je m'extirpe de la barrière qui me compresse l'estomac et je me trouve dans la fosse, obligée de faire comme cette vingtaine de privilégiées.... c'est à dire de monter sur scène pour faire la folle le temps d'une chanson. Je claque la bise à Didier Wampas (franchement, il est transpirant, c'est bien dégueu!) et puis il faut bien partir. Pas d'autre issue que le slam. Les bras tendus du public nous attendent. Je saute. Je plane. On me dépose doucement au sol un peu plus loin. Et ça se remet à bouger de plus belle. Je ne fais pas attention et PAF, je me prend une coup de pied dans la figure. Des gros godillots en plus, le mec n'était pas en claquettes. Je n'ai pas très mal mais je porte mes mains à mon nez et voilà, ça se met à pisser du sang. Problème: avez-vous déjà tenté de sortir d'une telle foule en moins de 10 secondes? Pas de suspence, je n'y suis pas arrivé. J'ai laissé les gens s'écarter à la vue de ma tête (récapitulons: j'ai du sang partout et un sourire jusqu'aux oreilles). Ceux qui ne voulez pas ont eu droit à quelques essuyages de mains ensanglantées sur leur tee-shirt (de l'eau froide et du savon, ça part tout seul!) et j'ai enfin pu atteindre la Croix Rouge. Ils ont été adorables mais m'ont laissée sortir avec une horrible mèche de coton dans le nez.... déjà que c'est mal barré, ce n'est pas ce soir que je vais galocher!
Je retrouve notre petit groupe qui commencait à s'inquiéter. Explication du pourquoi du comment. Je m'excuse de leur avoir fait louper le début de Vive la Fête et nous repartons suivre les concerts. Celui-ci est un peu kitch. De la pop belge. La chanteuse fait l'unanimité. Faut voir la taille de ses jambes et sa petite tenue! Moi je m'en fous, j'écoute sagement. Avant de me poser devant Mickey 3D, je fais un tour rapide du côté de l'entrée, je fais style de sortir et je plonge ma main dans le sac poubelle derrière le vigile pour chopper quelques bracelets. Merde, que des rouges. Tant pis, il est temps d'aller vers la grande scène. Anne-Cha et moi trouvons ZE place qui tue: au milieu du public passe un genre de gros tuyau plat qui sert à protéger les fils. Je gagne 10 cm en me mettant dessus. 10 cm non négligeables. En plus, pas de mouvement de foule là où nous sommes, mon nez peut dormir tranquille. Je ne m'éclate pas autant que pour les concerts précédents mais la prestation est réussie. Sur le rappel (j'ai demandé à la lune), nous nous avançons et comme par magie nous retrouvons les autres. Idéal pour aller voir Kill The Young tous ensemble. Là bas ça repogote, ça pousse, ça heurte, ça presse... j'en oublie que j'ai un sacré handicap. Fifou est là, défoncée. Simon aussi est là. Mica se lache complètement. Gabin slame un peu. Anne-Cha se faufile au premier rang. François me choisi de nouveau comme bouc hémissaire et j'ai droit à ses bousculades. Nous terminons complètement cassés. Pause grignotage et je lâche tout le monde pour aller voir Punish Yourself (alors que eux préfèrent DJ Zebra). Dans la foule je vois Migg qui me dit qu'il est venu avec Ben. ça me fait plaisir de les croiser mais je ne peux pas rester discuter 10000 ans avec eux. Le concert des punks fluos est pas mal du tout, ils sont déjantés et leur scène est un véritable spectacle. Pourtant il me semble que le public n'est pas très chaud, plus tard Migg (le connaisseur!) dira qu'ils n'étaient pas au mieux de leur forme. Toujours est-il que lorsque je rejoins Dorian, François et compagnie, nous revenons sur la petite scène Dickies pour Interlope. Leur drum'n bass est un peu décevant, ça ne bouge pas des masses. En même temps, il est deux heures et demi du mat', je comprend que les gens n'aient plus autant d'énergie qu'au début. Certains rechignent alors nous partons voir Agoria, de l'électro-techno. C'est franchement pas mon truc mais les basses sont tellement puissantes qu'il suffit de se caller sur le rythme pour danser. De vrais robots. Je suis la première à dire que c'est du bruit et non pas de la musique mais l'ambiance "rave-party" prend le dessus jusqu'à ce que mes jambes ne puissent plus me porter. Les autres non plus ne tiennent plus trop le coup, à part Dorian qui se collent aux enceintes et ne peut plus s'arrêter.
Nous retournons vers la voiture. Au passage, je demande au gars de la sécurité si ce n'est pas possible de récupérer un bracelet dans la poubelle. Un sourire et le tour est joué. Un des type part nous en chercher à Anne-Cha et à moi. Comme quoi ça sert d'avoir des têtes de gentilles petites filles. "surtout vous les planquez et vous ne les montrez à personne".... tu penses, je veux bien le cacher deux minutes pour que d'autres festivaliers ne viennent pas les emmerder en quémandant mais je suis trop fière pour ne pas le montrer à mes copains. En plus il est vert. J'aurai gardé les deux du coup: un rouge et un vert!
Sur la route du retour, je me met à sauter partout en suivant les lignes blanches de la route ou le pavement du trottoir. Non, je ne suis pas sous exta. Non je ne suis pas droguée. C'est juste qu'il me reste un petit chouya de je-ne-sais-quoi qui me fait sombrer dans la folie. Je ramène Mica, Anne-Cha et Sophie. Dans la voiture, la buée envahit instantanément les vitres. Sur le bord de la route les gens font du stop. Dommage, je n'ai pas de place. Pour le deuxième chargement, je manque de me payer un car de CRS. Pilage au milieu du carrefour. C'est vrai, ils avaient la prio à droite MAIS, ils roulaient à plus de 50 à l'heure et m'ont sacrément coupé la route (j'vais leur apprendre à faire virage moi!). En même temps, un car de CRS.... euh, j'vais pas me facher. Vaut mieux que je rentre tranquille. Je file sous une bonne douche chaude, limite jouissive. Quand je redescend, tout le monde pionce déja. Je compte mes bleus et mes griffures, j'enlève cette mèche affreuse de mon nez et le marchand de sable me rend vite visite.
vos bla-blas