Et pour passer un été de m***** par la même occasion.
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....parce que les petits pois sont rouges.
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"La fille parfois, elle est un peu naïve. Et plus encore quand elle croise son voisin du sixième étage, un vieux monsieur plutôt ronchon. Depuis un et demi qu'elle habite là, elle n'a réussi à lui faire décrocher que de vagues grognements en guise de bonjours. Du coup, comprenez sa surprise quand il a interrompu sa montée des marches de la cage d'escalier pour échanger trois mots. Trois mots qui se sont terminés par un "vous viendrez boire un pot chez moi un de ces jours!" ou quelque chose de similaire. Pure politesse entre habitants du même immeuble.
Le lendemain, quand elle a emergé en fin de matinée, S. qui était avec elle (et dont il vaut mieux taire l'identité, c'est pour son bien!) lui a fait remarquer qu'une enveloppe avait été glissée sous la porte. Elle l'ouvre: "Je vous invite à dîner. Il y a d'excellents restaurants à Montparnasse et ailleurs. Joseph, votre voisin du sixième". Même ça, ça ne lui pas mis la puce à l'oreille. Elle a décroché son téléphone et ensemble, ils ont fixé la soirée de dimanche pour sortir, celles de vendredi et samedi étant déjà occupées par des baby sitting.
Un peu plus tard dans la journée, la fille a croisé son voisin de palier, un trentenaire bon vivant. Elle lui a expliqué que c'était marrant ce genre de coincidences: pendant des semaines elle ne voyait personne et là, en deux jours elle le croise à lui ainsi que le môme du troisième, le jeune couple du quatrième et le vieux monsieur du sixième. Et lui a rajouté "oui, faites attention à lui, c'est un pervers!". Bon. Là, la fille, ça l'a faite un peu baliser. En même temps, qu'est ce qu'elle pouvait faire? Elle ne pouvait pas éternellement reporter le dîner. Si ça se trouvait, ce dernier avait dit ça pour rire ou sans fondement. Et puis de toute manière, elle était une jeune demoiselle bien trop polie pour annuler un dîner dont elle venait de fixer la date.
Dimanche, par simple précaution, elle a enfilé un pantalon informe et un pull qui cacherait un tee-shirt encore trop décoleté. En fait, il a fallu cette occasion pour qu'elle s'aperçoive que rien dans son armoire d'été ne faisait très sage. Que des hauts amplement ouverts, aux formes plaisantes mais pas forcément très catholiques. C'était un peu gênant parce que pour cette fin de mois d'avril, le soleil innondait en force le pavé parisien et les températures à l'ombre ne demeuraient plus propices à la survie de la petite laine. Tant pis, elle n'avait pas le choix, c'était pull -léger mais pull quand même- pour toute la soirée.
... la suite un autre jour!
Faut absolument que j'écrive quelque chose parce que si le dernier article reste trop longtemps en première ligne, je vais rapidement plomber le moral des troupes.
Le problème c'est, que pendant trois semaines, je dois vivre un "no pleasure land". Explication: pas de lecture, pas de sortie, pas de promenade, pas d'amis, pas de concert... bref, pas de vie en dehors des révisions. Là j'en suis à J-16 avant les premières épreuves. Et à 15% du travail que j'aurai du faire en un an... mouais, c'est toujours pareil: je glande pendant sept mois et je m'affole les trente derniers jours. Ok, je suis irresponsable, immature, inconsciente... mais ça ne regarde que moi (et mes vacances également parce que je ne compte pas me tapper le mois d'août derrière les cahiers pour passer la session de septembre).
Ha si, tiens, je me suis accordée une petite sortie au resto. Y'a deux jours. Avec le plus grand pervers de mon immeuble, qui dans sa catégorie de vieux papi pédophile doit remporter haut la main la première place. Faut que j'arrête de dire bonjour quand je croise mes voisins. Vaut mieux passer pour une rustre que de se faire vulgairement draguer par un octogénaire... enfin bon, j'vous raconterai ça en détail plus tard, là y'a les arts de l'Islam qui m'appelent!
Au moins le message est clair.
Mon chien est mort.
J'arrive pas à pleurer et pour une raison encore indéterminée, j'ai envie de le crier sur les toits.
En fait, il était vieux, fatigué, quasiment aveugle et handicapé. Pas facile pour un clebs aussi gentil que lui. Enfin, quand je dis "gentil", je veux dire "bien brave". Il était un peu débile mon chien. C'est pour ça que je l'aimais et que je n'aime pas les chats. Les chats c'est trop malin et on ne peut pas les embêter. Mon chien, je montais sur son dos et je faisais le bruit de la moto en tenant ses oreilles... il disait rien. D'toute façon, ça parle pas un chien. Mais le mien en plus, il n'aboyait pas non plus.
Quand on l'a trouvé sur le bord de la route -y'a huit ans- on s'est dit "hooo le pôôôvre, un chien abandonné". Il me semble que ce soir là, c'était un mardi: Jean revenait du piano et papa en le ramenant était passé chez le charcutier pour acheter du saucisson. C'était au mois de novembre -il faisait déjà nuit- et le chien avait un regard un peu paumé qui ne me plaisait pas trop. ça sert à rien des souvenirs aussi précis. Par la suite, on s'est aperçu que c'était pas un chien abandonné mais un chien fugueur, tout ce qui l'intéressait, c'était de se barrer. Qui aurait abandonné un chien après l'avoir aussi bien élevé? On n'a jamais su mais on a prévenu la SPA. Ils nous ont dit "vous savez, c'est bientôt Noël, vaut mieux pas nous le laisser parce que les gens, ils achètent un chien pour Noël et puis pour les grandes vacances, ils savent plus quoi en faire". Les gens sont cons. Surtout ceux-là. Alors qu'à la maison, y'avait un grand jardin, Jean et moi on était encore mouflets... on a du voter: maman contre, papa blanc, mon frère et moi pour. Pour le garder évidement. Il a fallu lui donner un prénom et on s'est dit que s'il en avait déjà un, ça devait à peu près commencer par M, vu qu'il avait quatre ou cinq ans. J'ai trouvé Moqwaï. En réalité, je pensais aux Mogwaï, des indiens je crois, mais je me suis trompée. De toute manière, je l'appelais "le Chien" et la plupart des gens prononcaient "Moké". Les gens sont cons, ils n'écoutent rien.
Enfin voilà, tout ça pour huit années pendant lesquelles je partageais mon goûter avec un chien, pendant lesquelles y'avait une présence dans la maison, pendant lesquelles on se roulait dans l'herbe et on courait face au vent tous les deux. Sauf vers la fin. ça faisait plusieurs mois qu'on disait "il va pas passer l'été" "il va pas passer l'automne" "il va pas passer l'hiver"... finalement c'est le printemps qui a eu raison de lui. Il s'est endormi et il s'est pas réveillé. Comme c'était la semaine dernière, papa l'a enterré chez nous dans un grand champ et on plantera un tilleul à cet endroit.
En fait ça y est, maintenant je pleure. Y'a des gens qui m'ont déjà reprochée d'être plus attachée à ce chien qu'à l'humanité qui souffre. Ils comprenaient pas que son sort me préoccupait plus que les orphelinats, les famines ou les catastrophes naturelles. Mais vous savez ce que je pense: les gens...
"Quand elle s'est réveillée ce dimanche matin, la fille n'avait aucune idée de l'heure qu'il pouvait être. Elle a ouvert avec difficulté ses yeux clos par le poids d'une nuit trop courte. Le soleil peinait à pénétrer derrière les rideaux. On était en hiver et malgré toute la bonne volonté du monde (et même de l'univers, c'était le soleil quand même!), il ne pouvait pas faire mieux au niveau luminosité. Elle a risqué un pied en dehors de la couette, il faisait froid.
Juste cinq minutes.
Finalement, ça a duré une grosse demi-heure ces cinq minutes. Et puis, dans un élan incontrôlé, elle a posé ses deux pieds sur le carrelage. Le carrelage glacé. Elle a essayé de viser pour faire entrer ses pieds dans une paire de chaussons mais avec le cerveau encore tout engourdi, ça compliquait la chose. Un ami lui avait fait remarquer que ses chaussons, c'était des chaussons de fée, avec un noeud rose sur le dessus. Elle a souri en y pensant et repoussa la couette de ses épaules. Vraiment, il faisait pas chaud. Si elle ne s'habillait pas tout de suite, elle serait tentée de se réfugier de nouveau dans son nid. Non, ça serait top bête: direction la penderie, un jean, un tee-shirt, un pull.
Maintenant qu'elle était habillée, la fille pouvait traîner, boire son thé à la petite semaine jusqu'à qu'il soit moins que tiède et projeter une sortie hors de l'appart entre deux tartines. Elle a soulevé le rideau, le soleil était toujours là, il l'attendait.
L'ascenceur était particulièrement glauque. Tapissé d'une vielle moquette qui s'imprégnait de la moindre odeur, une lumière blafarde vibrait au moindre acoup... Rien de mieux pour apprécier avec plus d'ardeur la sortie. Par réflexe, elle glissa sa main dans la boite aux lettres. Pourtant nous étions dimanche et elle le savait.
La lourde porte de l'immeuble cachait une rue vide où l'air frais se glissait doucement. La fille serra son foulard et remonta la fermeture éclair de cet épais manteau dans lequel elle aimait s'emmitoufler. à droite ou à gauche? elle choisit à droite pour ne pas débouler directement sur le boulevard et flaner dans sa rue, à regarder les vitrines des magasins fermés. Elle marcha comme ça un moment. Une heure, peut-être deux. Jusqu'à ce que son estomac lui rappelle la dure réalité de la vie. Elle farfouilla dans ses poches. Avec quatre euros et des poussières elle n'irait pas bien loin et se laissa tenter par le glacier à l'entrée du jardin du Luxembourg. Même en plein hiver avec le ventre creux, elle aimait les glaces. D'ailleurs, si le soleil se posait sur ses épaules, ce n'était pas pour la raisonner. Une "mangue-citron-caramel, s'il vous plait". Le glacier a eu l'air un peu surpris, elle venait de le déranger dans ses pensées. à cette époque de l'année, pas grand monde le dérangeait en réalité.
La fille s'est avancée dans le jardin, a choisi une chaise et s'est assise près de la fontaine. Y'avait quelques mômes qui jouaient avec des bateaux en bois ou qui cherchaient à s'attraper les uns les autres. Sans regretter son inscouciante enfance, elle se dit qu'elle aimerait bien être à leur place. Dans un monde de jeu. Un monde qui ne dépareillait pas avec ses chaussons de fée.
Le soleil a, un instant, été caché par un nuage. Il faisait de nouveau froid. Et c'est justement à cet instant précis, la fille s'est dit qu'elle aurait aussi aimé avoir un copain. Ou juste une bouche sur la sienne et une paire de bras pour l'enlasser. Rien que ça. à cet instant précis."
En ce jour printanier où il fait -15° à Paris et où en plus, j'ai la crève comme c'est pas permis (faut pas le dire mais je me suis octroyée une sieste de trois heures en plein aprés-midi!), j'ai l'honneur de vous annoncer que j'ai réussi à décrocher un stage pour tout le mois d'août, dans un manoir paumé au fin fond de la Bretagne (enfin ça va, c'est à deux kilomètres de la plage quand même). Et puis en réalité, c'est pas un stage, c'est un emploi déguisé en stage (donc moins bien payé mais quand même indemnisé): je vais faire le guide au manoir de Kerazan, magnifique demeure où sont conservés quelques tableaux du XIXième siècle (y'a même un Maurice Denis!) et une collection de faïence de Quimper. Si jamais vous ne savez pas quoi faire pendant le mois d'août (mais je suis quasiment sûre que, comme par hasard, vous allez trouver quelque chose à faire!), vous pouvez toujours passer me voir et par la même occasion me laisser un méga pourboire!
Ces temps-ci je me traîne, j'ai envie de rien, je ne suis pas morose, je suis un chiffon.
ça fait 15 jours que j'aurais du vous mettre un petit résumé de ma semaine au ski ou de mon week-end à Nice mais non... un chiffon n'a pas l'énergie de faire ça. Un chiffon c'est mou, sans saveur et grisâtre. D'une certaine manière, je refuse d'être un tel chiffon. Il n'empêche...
Ce matin, j'ai ouvert mes rideaux. Y'avait pas de soleil. J'ai bu une tasse de thé tiède et j'ai essayé de ranger ma piaule. Sans succès, les fringues qui traînent au sol sont cousines du chiffon, ce dernier ne se permettrait pas de les importuner. Les bras balants, j'ai donc pris l'initiative de travailler mes cours. C'est bête mais un chiffon n'entend rien à l'histoire de l'art. Bonne excuse pour errer entre les pages de l'ordi et celles d'un roman à suspence un peu débile. Oui, parce que le chiffon sait tout même lire. Il a appris en déchiffrant les lettres imprimées sur ses amis les produits d'entretien...
Bon, j'arrête de dire n'importe quoi, je cherchais juste à repousser l'échéance d'une prochaine note qui aurait légèrement plus d'intérêt. Ceux qui me connaissent savent que je suis loin d'être un chiffon: pour preuve, un chiffon ne saute pas à pieds joints au milieu de la rue pour effrayer les pigeons, un chiffon ne parle ni ne souri aux inconnus, un chiffon ne revêt pas une jupe jaune, rouge et orange avec des chaussettes vertes... un chiffon, c'est nul un chiffon!
Histoire de vous prouver que je ne suis pas mourue cette semaine mais presque ("mourue" de mourir hein, pas de "morue"!), j'ai appelé cet article "des vacances de maso" parce que je me dis qu'il faut l'être légèrement pour aller se peler les fesses par -15° pendant une demie-heure de télésiège en échange de 1minute 17secondes 69centièmes de descente (mon score au grand slalom... j'en suis très fière ;-) et pour avaler des confetti à chaque fois qu'on éclate de rire la bouche grande ouverte.
Mouais, c'est pas mal pour résumer la dizaine de jours que je viens de passer loin des amphis et des bouquins. J'vous raconterai bientôt mais là j'ai pas trop le temps, y'a mon linge sale qui traîne dans le sac depuis un moment et ça commence à sentir le fennec!
vos bla-blas